19.03.2009
Lili quitte Genève
Le Salon de l'Auto 2009 c'est fini, ce blog va donc aussi éteindre le moteur. Pour les lecteurs friands de chroniques humoristiques sur tout et n'importe quoi, je vous recommande le blog Berlinpinpin de Marlène, étudiande erasmus à Berlin.
Mes meilleures salutations à vous lecteurs, peut-être même visiteurs du Salon de l'Auto. Que votre route soit exempte de nids de poule, et que vos cheveux volent au vent quand vous serez au volant de votre cabriolet vrombissant.
Hasta la vista.
Bye bye.
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16.03.2009
Carnaval de clôture
Le dernier jour du Salon est un jour particulier. Une athmosphère lourde comme un mois d‘août orageux qui pèse et menace chaque instant de lâcher un orage. Comme un mois d‘août, il fait chaud: 28°C au thermomètre. Comme un mois d‘août, les visiteurs font leur promenade dominicale, cueillant sacs et prospectus sur leur passage comme on cueille les cerises.
La foule, malgré ses nuances de caractères, incarne dans son essence générale la bêtise humaine dans toute sa splendeur. Une hôtesse de chez Skoda m‘a raconté que les gens se battaient pour avoir des sacs (ceux de chez Skoda sont en matière solide et peuvent servir pour les commissions), se ruaient sur les hôtesses dès qu‘elles en ramenaient un stock sur le desk, s‘arrachaient les sacs des mains ou s‘insultaient entre eux d‘avoir pris le dernier sac. Impressionnant.
Sur mon stand, rien de si spectaculaire, juste quelques échantillons de mauvaise humeur. Un homme qui me gronde „donc si j‘ai bien compris, vous n‘avez plus de sacs, pas de portes-clés et pas de stylos? eh ben bravo!“ auquel je réponds qu‘on a quand même des voitures. Et des centaines de ces gens s‘approchant sans nous voir et qui aboient „prospectus, sac!“ sans s‘imaginer que c‘est un être humain qui leur tend les objets demandés. Heureusement, il y a aussi ces enfants au sourire rayonnant, dont le „s‘il vous plaît, merci beaucoup“ est un baume précieux, et ces quelques altruistes qui souhaitent bon courage.
Côté bouffe de midi, je n‘apprécierai jamais assez le budget qui nous est offert par la marque : pouvoir se permettre une assiette de saumon fumé avec coupe de fraises en dessert, c‘est le pied taille 46.
En fin de journée, c‘est un véritable carnaval qui commence: les hôtes et hôtesses s‘échangent leur badge, se regroupent pour des photos souvenirs autour des voitures, et dansent au son de la musique provenant des radios des voitures au son poussé au max. Sur certains stands, les hôtes arborent même le rouge à lèvres. Mais surtout, une cacophonie de klaxons rugit dans tout le Salon: ce sont les hôtes et hôtesses qui laissent échapper la vapeur et vomissent en décibels le labeur pénible de ces deux dernières semaines. Les cols de chemises sont relevés, les cravates dénouées, et les sourires à nouveau naturels : le Salon est fini.
C‘est chargés comme des mules de nos uniformes au grand complet que nous avons quitté Palexpo, pendant que se démontaient déjà les stands et que s‘éclipsaient les voitures. Time is money. Et nous avons vidés nos poches pour remplir nos gosiers de bière, avant de rentrer s‘échouer dans nos lits. La plupart reprennaient les cours aujourd‘hui, la grasse mat‘ attendra samedi prochain.
Un petit P.S., suite à la citation par JF Mabut de l‘article sur le Salon paru dans la NZZ (à lire dans le commentaire de la dernière chronique de ce blog). Selon l‘auteur de l‘article, les hôtesses seraient des cruches finies. Je crois qu‘il y a Missverständnis sur la question, puisqu‘il décrit dans son article les femmes posant à côtés des voitures pour les photos. Ces dernières sont des mannequins. Leur métier étant un métier à plein temps de l‘image et de l‘apparence, on peut s‘attendre à ce qu‘elles aient quelques lacunes culturelles pour la plupart. Côté hôtesses, toutes mes collègues étaient des étudiantes (en lettres, en relations internationales, en droit, en médecine, en science...) parlant au minimum trois langues couramment. Pas de quoi crier à l‘imbécile, ce me semble. La confusion entre modèle et hôtesse est fréquente. Garder à l‘esprit que l‘une gagne quatre fois plus que l‘autre pour quatre fois moins de qualification.
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15.03.2009
Folies sur le stand

Palexpo devient une fournaise: 30°C mesurés à l‘intérieur des voitures de notre stand. Nous nous éventons le visage avec les prospectus, malgré une clim tournant à plein régime. Commencent les séances photo en uniforme chez les filles à la pause, et le troc des tenues à garder („tu me refiles une des robes de ta marque contre une chemise et un gilet de la mienne?).
Pour tuer le temps, les „car explainers“ lancent l‘attaque au Sbam (Sourire, Bonjour, Au revoir, Merci): la victime (un visiteur lambda, faisant de préférence la collection de sacs en papier de tous les stands) se fait d‘abord aborder par un terrifiant „je peux vous renseigner?“ au sourire d‘un chucky en liberté, suivi par un „au revoir, merci!“ du même genre. Le pauvre visiteur, croyant échapper au vendeur survolté, se retrouve en face d‘un second car explainer qui l‘attaque de la même façon, le sourire terriblement exagéré.
On assiste aussi à des concours d‘immobilité, des placements de mots („t‘es pas cap de sortir „rhinocéros“ au prochain visiteur“), des changements de mots (dans le top ten, "armoire" pour "au revoir", "saigner" pour "renseigner") et des louchages sans rire. Chez les hôtesses des prospectus, on observe une répartie plus cinglante face aux visiteurs désagréables, ainsi que des classiques „ni oui ni non“ (jeux auxquels je perds lamentablement, contrairement au louchage, où je défends mieux mon honneur).
A la réception, certaines s‘occupent en écrivant de fausses lettres signées La direction, plus absurdes les unes que les autres („veuillez remplacer les oranges aux toilettes, qui gênent la fixation des pneus à 20h30“).
Bref, chaos général dans notre dreamteam. Côté visiteurs, beaucoup moins de personnes intéressées par les voitures, ce sont plutôt des promeneurs qui récoltent ce qui est donné gratuitement qui déambulent dans le Salon: la question récurrente est „je peux avoir un sac?“ et „c‘est où le concours pour gagner la voiture?“ (précision: il n‘y a PAS et n‘y a JAMAIS eu de concours pour gagner une voiture sur notre stand) et „vous donnez des portes-clés?“ (la réponse est non, accessoirement).
Heureusement, le Salon est bientôt fini. Notre équipe s‘est fait une fondue au bains des Pâquis pas plus tard que tout à l‘heure, histoire de se préparer comme il se doit à la dernière journée de dimanche. Quelques blagues y sont prévues, du genre changer les noms des badges (je serai peut-être un Michel ou un Nicolas). A suivre demain, en live ou en chronique. Sur ce, bon dimanche les cocos.
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13.03.2009
Sauce aigre-douce
Toujours reléguée au service du café-croissant dans les bureaux. Ayant peu de travail, j‘ai le temps d‘aller goûter à quelques mets du restaurant gastronomique situé au milieu des bureaux. Les concessionnaires y invitent leurs clients. Un cuisinier m‘a fait un sandwich premium quality, tout à l‘heure: pain aux olives légérement grillé avec beurre, gruyère deux ans d‘affinage et viande séchée des grisons, dont les fines tranches avaient fraîchement été découpées du bloc.
Jamais je n‘aurais imaginé que je parlerais tant de bouffe dans ce blog. Je pensais que j‘allais plutôt narrer quelque anecdote soulevant moult débats éthiques, du genre: à quoi ça sert de payer une hôtesse à 35 francs l‘heure pour servir maladroitement des cafés aux collaborateurs, plutôt que d‘engager un serveur du restaurant payé 25 francs l‘heure qui fera ce travail beaucoup plus efficacement? Voilà le genre de question que j‘aurais pensé amener au fil des jours.
Mais le travail déteint sur moi: je deviens une hôtesse qui ne se pose pas ce genre de question. Je me contente d‘encaisser mon salaire à la fin de l‘event, sans regarder les dépenses affolantes des exposants du Salon de l‘Auto. Un fric incroyable dépensé dans l‘apparence, le confort, le luxe. Tout ça pour mieux vendre des voitures, objets de confort, de luxe pour une bonne partie de l‘humanité et d‘apparence (vive le „design“).
Voilà pourquoi je ne parle que des gâteaux que je mange en arrière-cuisine, et pas du reste: si j‘en parle, un profond dégoût m‘envahit, un dégoût de notre société de consommation, et de moi-même.
Bien sûr j‘enfonce des portes ouvertes. Comme mon but n‘est pas de dénoncer quoi que ce soit mais de livrer mon impression du jour, voilà mon état d‘esprit général: je suis contente qu‘il fasse beau, je m‘ennuie, je me réjouis de finir le Salon, je suis écoeurée par le gaspillage de la nourriture, j‘apprécie mes pauses, mon taf est tranquille, je hais le rôle que je joue ici, les gens sont gentils. Un bonne salade mêlée de ressentis à la sauce aigre-douce.
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12.03.2009
Un petit café?
J‘ai été au service aujourd‘hui. Non pas le service-client, mais le service aux vendeurs dans les bureaux. Et que j‘apporte des petits cafés et des cocas zéro de-ci de-là. En vérifiant au passage que les étiquettes des bouteilles d‘eau disposées en pyramides soient bien tournées du même côté. Et que je décapsule les San Pell et que je ramasse les tasses vides (en collectionant les petits chocolats bien précieusement). Ce job d‘hôtesse est ma foi follement polyvalent et autant de fois enrichissant. Je laisse bientôt tomber les études pour ça, c‘est sûr.
Bon, l‘avantage de servir les cafés, c‘est qu‘on peut se boulotter discretos des desserts de folie: servis sur la terrasse VIP, les gâteaux peuvent aussi être descendus par le personnel. A petites doses, s‘entend. Pas plus de 3 mille-feuilles à l‘heure.
Petite remarque anodine: il n'y a pas d'hôte véritable. Les garçons sont tous "car explainer". Aucun mâle n'apporte les cafés dans les bureaux, ni distribue de prospectus, ni prend les manteaux des clients. Ce travail privilégié revient exclusivement aux hôtesses. Non, le "car explainer" explains the car. That's all.
Pause de midi, resto de Palexpo blindé, on nous place, ma collègue et moi, à une table de 4 à côté de deux retraîtés sympatiques, qui nous offrent aimablement dessert et café. Il y a du bon à porter l‘uniforme et le chignon. Même sur des lèvres gercées, le rouge fait son effet.
Et puis taf l‘après-midi, le soir, le sourire, la sueur, le gonflement des pieds, l‘odeur des dessous de bras. Glamour, le Salon. Encore et toujours.
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11.03.2009
Plus que quatre jours
Plus que quatre jours. La marmite chauffe, on est en ébullition. On sue dans son uniforme en souriant : pas grave, on le portera au pressing ce soir. On fête la milième répétition de la phrase „Non, malheureusement, nous n‘avons ici qu‘un prospectus général avec toute la gamme des voitures, la documentation spécialisée est à commander à la maison“ par de petites choréographies derrière le stand. Un concours s‘organise entre les datatypistes (qui recopient les adresses des visiteurs intéressés et envoient la documentation à domicile) et les hôtesses des prospectus: c‘est à celle qui écrira la commande la plus loufoque (exemple Nom: Jack Sparrow, Modèle: Black Pearl ou encore Nom: Michael Jackson Modèle: Van famille nombreuse).
Côté bonus, grâce à mes bons repas savamment économisé jusqu‘à ce jour, j‘ai pu m‘offrir l‘entrecôte ce midi, dans un resto du même nom („L‘entrecôte“ évidemment, et non „Ce midi“, le nom du resto). Et, pendant une heure, la chair sur la fourchette, la tubercule dans les doigts, j‘ai pu fermer les yeux et oublier Palexpo et ses miliers de visiteurs.
Côté naze, les chaises nous ont été enlevées: notre dos n‘était pas assez droit pour les yeux délicats des chefs de marque. C‘est donc avec un enthousiasme prononcé que nous avons toutes accueilli cette bonne nouvelle: 10 heures dans les pattes, le rêve. C‘est à en arrêter les études pour bosser à plein temps ici, ça.
Côté bonus, on reçoit de temps en temps des pralines estampillées la marque. Des astuces de toux, de rangements accroupis ou encore de visage into the prospectus sont employées pour ingérer le chocolat hors-pause.
Côté naze, la clim dans tout le Salon: toute l‘équipe à chopé la toux.
Côté bonus, nous n‘avons que des prospectus en langues nationales. C‘est une occasion sympatique de remettre quelques anglophones choqués de ce manque intolérable à leur place...
Côté naze, c‘est long. Très long. Et quand c‘est fini, on a juste le temps de se changer, de s‘entasser dans un bus 5, de se démaquiller (opération longue et fasidieuse: mesdames, laquelle d‘entre vous ne passe pas le coton-tige sous les yeux pour enlever le crayon sans ressentir le fameux doute du „est-ce que je favorise la création de rides en frottant trop fort à cet endroit?“), de manger et de filer s‘affaler au lit pour une nuit trop courte. En sachant que tout le cirque recommence le lendemain. Le maquillage, le sourire, et bien sûr „les étoiles dans les yeux“. Une beauté artificielle collée sur nos visage lessivés.
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09.03.2009
Comme un lundi
Ca y est! I‘m back on my feet and ready to chroniquer à tout va! Mutée à l‘information et aux prospectus, je vous livre le best-of des visiteurs du jour:
-L‘enfant: „vous avez des posters?“ ce à quoi toutes les filles attendries répondent „non, mais on a des bonbons pour toi!“ en lui fourrant dans la main les gummibärchen de la marque. Petite remarque anthropologique: c‘est surprenant à quel point l‘adulte change de comportement lorsqu‘on étale discrètement quelques bonbons sur un coin du desk. L‘oeil scrutant le votre, il prend une toute petite voix et vous demandera s‘il peut vous en „piquer“ quelques uns. Comme un enfant puni qui n‘aurait pas vraiment le droit de, mais qui essaie quand même.
-Le xénophobe: il commence par parler du meurtre de la jeune fille de 16 ans tuée par balle il y a quelques jours, avant d‘embrayer sur l‘arme militaire à la maison puis bifurque sur une considération bien arrêtée „n‘empêche, ce sont les étrangers qui posent problème avec les armes, pas les suisses. Les étrangers tirent beaucoup plus facilement sur les gens, et...“ j‘interromps le discours aux relents UDC avec un „je vous mets un prospectus dans le sac, au revoir merci!“
-L‘agressif: le prospectus qu‘il recherche n‘est pas disponible à notre stand, quand bien même un des vendeurs de la marque le lui avait dit: „il faut vous mettre d‘accord, c‘est intolérable! Vous vous moquez du monde, regardez-moi, c‘est à vous que je parle! C‘est une honte, vous êtes incapable!“ Après ces gentillesses, le gentleman me jette le prospectus de rechange que j‘avais voulu lui donner au visage. Un pur bonheur.
-Le lourd: fin de journée, tout le monde est crevé, il me lance un „ciao bella!“ comme il aurait lancé un „ave César“ en territoire conquis. Je lui rend un „bonjour“ sérieux au sourire absent. Le lourd n‘a pas l‘habitude qu‘une femme ne se s‘esclaffe pas d‘un rire de poule après sa sortie, c‘est pourquoi, préoccupé, il me répète „j‘ai dit: ciao bella“, ce qui lui vaut un „et moi j‘ai dit : bonjour. Vous avez besoin de quelque chose ou je peux continuer à travailler?“
Bref, journée de reprise plutôt difficile, avec en prime des lèvres gercées au point qu‘on en dirait un calendrier de l‘avent (avec une multitude de petites fenêtres de peau badigeonnées de rouge) et un moral du même ressort (sans calendrier de l‘avent, mais avec un compte à rebours précis dans la tête: plus que 6...).
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06.03.2009
La fièvre du jeudi soir
Malheureusement, le titre n‘évoque aucunement les folles soirées privées qui sont censées se dérouler le soir à Palexpo (argument de choc des anciennes hôtesses donné aux nouvelles pour garder un moral de béton durant le Salon). Et non, la fièvre reste bêtement une fièvre classique, sans paillettes et sans maquillage, avec bouillotte et thé camomille.
Je me disais bien mercredi, pendant la seconde journée de presse, que je sentais ma chemise coller à ma peau de manière plus désagréable que la veille. Je me disais aussi que dormir pendant la pause café était un signe d‘une anormalité sous-jacente. Ou encore que les mots me venaient moins rapidement pour répndre in english à l‘anglais surnommé James Bond à cause de son ticket de garderobe (007). Mais ce qui m‘a définitivement convaincue du bizarre de la chose, fut la présence d‘Arnold Schwarzenegger sur mon stand. En effet, en temps normal, je me serais empressée de me mêler à la foule de journalistes autour de lui, histoire de dire aux copines (et surtout aux copains) „ouais, journée tranquille aujourd‘hui, ah au fait, j‘ai serré la main à Schwarzi sur mon stand...“. Mais là, rien de tout cela. Niet. Je me suis contentée de me tenir aussi droite que possible à mon poste, l‘oeil brillant, la truffe humide (un petit rhume sympathique me rend également visite ces jours). Bas les masques Lili, tu es malade, me dis-je. J'ai été boire une petite verveine à ma seconde pause en croisant Christa Rigozzi fumant derrière Palexpo, cheveux blonds au vent.
Voilà donc deux jours que je n‘assiste pas au Salon, en cure d‘aspirine et de gargarisant à la sauge. Bon, ça aurait pu être pire, j‘aurais pu avoir la rougeole. Quoi que dans ce cas, j‘aurais pu pondre un article plus intéressant : „épidémie de rougeole au Salon de l‘Auto“, par exemple. Ca, ç‘aurait été ma veine.
Bien à vous, lecteurs, j‘espère vous faire lire bientôt des anecdotes exclusives du Salon, sans fièvre et sans tabou.
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03.03.2009
Journées de presse au Salon: premières impressions
- 5 heure du matin, les oiseaux chantent (on se demande pourquoi, vu qu‘il fait encore nuit: aucun coq genevois n‘a décemment pu donner le la si tôt, que je sache) et annoncent une journée bien chargée. Après une heure de bus, je me retrouve à Palexpo avec une foule de personnel qui se presse à l‘entrée. Je rejoins mon équipe sur le stand après la pose finale du rouge à lèvres (déconseillé dans le bus du matin, sous peine de passer pour une péripathéticienne rentrant chez elle après une nuit de travail).
- A 7h30 on a le privilège d‘accueillir une nuée de journalistes déposant valises, saccoches et manteaux à la garderobe. Gros champ de bataille dans les vestiaires.
- On apprécie les pauses, où nous pouvons nous asseoir dans un lieu réservé aux hôtesses, allonger nos jambes pour faire revenir le sang (fort en caféine) sous la partie supérieure du collant spécial maintien. Comme les jours de presse se font en talons pour notre marque, on s‘étire les orteils dès que possible.
- On parle allemand et suisse-allemand la plupart du temps. L‘anglais est la seconde langue la plus employée, vient ensuite le français puis l‘italien.
- On rafraîchit ses langues à défaut de son visage (qui est bien camouflé sous sa couche de fond de teint et de „smoky eye“).
- On se chope parfois la honte, quand, par empathie gonflée de bonne volonté, on demande à ce monsieur près du stand s‘il a aimé le show de présentation (où on était postée à côté d‘une porte loin de toute vision de la chose) et qu‘il nous répond que oui, „d‘ailleurs je l‘ai présenté“.
- On se remonte le moral et les collants dans les vestiaires entre filles, pour mieux faire descendre la pression et la verveine du midi.
- Et enfin, quand la journée est finie, on prend le bus en sens inverse pendant une heure, en baskets de jogging avec l‘uniforme, l‘oeil torve, le sourcil tombant, des résidus de rouge coincés dans les gercures de lèvres. Et là, au dernier arrêt de bus, lorgnant notre maquillage défraîchi avec convoîtise tel le bouledog son os à moelle, un mâle moyen viendra adresser à notre badge (collé niveau poitrine) un „salut, ça te dit d‘aller boire un verre?“. Une vraie fin de journée comme on les aime, quoi. Du grand, du gros, du lourd...
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02.03.2009
Le chantier avant le velours
Ca y est. Ca va commencer. Le moteur est en marche, le Salon va démarrer. Pourtant, on a l‘impression que Palexpo est à l‘heure actuelle encore un vaste chantier. Le Salon doit faire partie de ces évènements qui se construisent jusqu‘à la dernière minute pour apparaître parfaitement net à l‘heure H. Enfin, espérons. Slalomant aussi agilement que possible entre camions, machines de chantier, et gouttes de pluie, les hôtesses se rendent au dernier meeting avant le début du Salon. Les dernières infos (du style: quelles voitures seront présentes sur notre stand, quelles personnalités devra-t-on reconnaître demain et saluer avec pompe et cérémonie) nous y sont transmises.
L‘ambiance est tendue comme un fan de Schumacher au feu rouge: des filles chaussant du 38 se retrouvent avec une paire du 41, certaines n‘ont pas encore reçu leur uniforme. Un troc s‘opère entre filles pour s‘échanger une jupe trop grande à l‘une contre une jupe trop petite à l‘autre („mais je comprends pas, j‘avais pourtant donné mes mensurations!“). Côté garçons, j‘ai ouï une conversation ultra privée à propos d‘un éventuel partage de l‘anti-cernes for men acheté spécialement pour l‘occasion („ouais, ouais, no souçaille, tu peux utiliser mon anti-cernes... faut juste pas oublier de bien le reboucher après, pas qu‘il sèche, sinon ça nous fait des petites croûtes sur la face... comment ça, je suis une gonzesse?).
Sinon, notre rôle exact dans tout ça? Nobody knows. Selon les hôtesses qui ont déjà participé au Salon les années précédantes, „au début, c‘est toujours la galère, mais on se fait sur le tas“. Le tas étant en l‘occurance un stand recouvert de voitures brillantes tout droit sorties de l‘emballage, de journalistes en masse et de collègues aux chaussures trop grandes et à l‘anti-cernes mal étalé. Et tout ça, c‘est demain, à 7h tapantes. Advienne que pourra.
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01.03.2009
Formule magique et poudre d‘étoile à la journée de (trans)formation
Premier jour de formation des hôtes et hôtesses du Salon de l‘Auto. Nous avons rendez-vous dans un hôtel proche de l‘aéroport. Je rencontre ma petite équipe autour d‘un café-croissant-jus d‘orange- nectarine à 9 heure du matin. On est choyé jusqu‘au bout des ongles. Présentation de la marque, de notre teamleader et de notre rôle d‘hôte et d‘hôtesse. On apprend, jeux de rôles à l‘appui, la formule magique à ressortir aux visiteurs lors du Salon: „Sbam“. A décoder avant de servir, bien évidemment, aucun d‘entre nous n‘est censé lancer cette interjection telle quelle à un potentiel client lisant l‘air absorbé le prospectus de la marque sur notre stand. Le „Sbam“ résume les prises de contact basiques et essentielles avec le visiteur, à savoir :
-sourire
-bonjour
-au revoir
-merci
Pas sorcier tout ça. Cette formule bien assimilée, nous passons au degré supérieur de l‘apprentissage: comment donner du rêve aux visiteurs, ou la magie de la communication. Apparance parfaite, service impeccable, disponibilité absolue. L‘importance de la gestuelle nous est démontrée par des exercices d‘interprétation. Chaque pose révèle un état d‘esprit et le nôtre doit rayonner de bonheur au dehors (dans les limites de notre stand, bien sûr). Pour que la magie opère, nous devons avoir „les étoiles dans les yeux“.
En fin de journée, les filles ont droit à un cours de maquillage. La maquilleuse étale sous nos yeux (pas encore soulignés de noir ni remplis d‘étoiles) crèmes et lotions, poudres et crayons. Après une explication théorique sur les techniques (horriblement difficiles) du „banane-goutte“ et du „smoky eye“ (dessinez un trait régulier de crayon en partant de l‘extrémité de l‘oeil en direction de la fin du sourcil à 45°, effectuez trois petits segments vers l‘intérieur et estompez au pinceau avant de remplir la paupière mobile d‘un savant dégradé de couleurs adaptées à votre teint), nous avons droit à une démonstration pratique du „banane-goutte“ sur une future hôtesse. Avec en prime fond de teint, poudre, blush, crayon à lèvres, rouge, gloss, et trait de sourcil. La transformation est impressionnante.
Cette journée m‘amène à la conclusion suivante: l‘hôtesse du Salon de l‘Auto est une apprentie-sorcière, qui par son déguisement et ses formules magiques, envoûte le visiteur non averti telle les sirènes Ulysse. Et en guise de baguette magique, elle tient un prospectus sur les derniers modèles de voitures. Les temps changent, mais la magie opère toujours.
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28.02.2009
Salon de l'auto: Avant-propos
Vous y êtes déjà allé, vous au Salon de l‘Auto? Moi oui, une fois. Plein de voitures à la carosserie reluisante. Et plein de filles en short du même gabarit. Moi, genevoise écolo, étudiante anti-macho, voilà l‘image que j‘en avais retenu: le temple du matérialisme à la sauce glamour. Mais comment me suis-je donc retrouvée à devenir cette année une hôtesse au Salon de l‘Auto? Les raisons en sont peu nombreuses mais débordantes de bon sens:
1. Le salaire. L‘étudiant d‘aujourd‘hui bosse à côté de ses études. Ce type de travail permet d‘engranger une jolie petite somme en peu de temps. Pourquoi se casser le dos à faire du service pour 18 francs de l‘heure, quand on peut gagner pour le même temps env. 35 francs rien qu‘en souriant aux passants?
2. Les conditions de travail. Bon, au Salon, plusieurs marques sont représentées, chacune adopte ses propres règles. La marque pour laquelle je travaille offre des conditions de rêve: formation complète payée, salaire au-dessus de la moyenne, longs temps de pause, repas de midi et collations diverses payées, lieu de repos réservé aux hôtes et hôtesses de la marque, services proposés aux employés à tarifs minimes (coiffeur, reflexologue, pressing gratuit), entretiens avec un(e) teamleader tous les matins pour requinquer le moral des troupes, uniforme absolument décent et chaussures plates (youhou, pas de cloques en vue!!!). Selon les rumeurs, certaines marques italiennes et françaises traîtent moins bien leurs hôtesses, lesquelles sont prévenues à la dernière minute de leur rôle sur le stand et de leur tenue, mettant plus en valeur leurs atouts féminins que linguistiques.
3. Les langues. Ben oui, qu‘on se le dise, le Salon est international. On a l‘occasion de dérouiller son anglais, son allemand, voire son schwitzerdütsch. Plus intéressant que d‘appeler tout le botin du téléphone pour des sondages.
Voilà les raisons principales de ma participation au Salon de l‘Auto cette année. Et la conséquence directe de ce choix est la suivante: ces deux semaines vont alimenter ce blog d‘anecdotes inédites.
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